Les banques pour les pauvres au Vénézuela.

Par Alban Leveau-Vallier | Journaliste | Rue89 | 15/11/2009 | 15H39

Inspiré du « Susu », une forme de tombola, un système de banques communautaires permet aux Vénézuéliens qui n'ont pas accès à des services financiers ou au microcrédit de s'autofinancer. Et le modèle s'exporte.

Bidonvilles à Caracas en septembre 2009 (Jorge Silva/Reuters)

(De Caracas) Plus de la moitié des Vénézuéliens n'ont pas accès à des services financiers : aucune banque ne leur prête d'argent en cas de nécessité, ils n'ont pas de carte de crédit, pas d'assurances, pas de compte en banque… La seule chose qu'ils peuvent obtenir d'une banque est un livret d'épargne.

Le microcrédit a été mis en place pour eux. Mais le microcrédit est réservé au faible pourcentage d'entre eux (10% en moyenne au Venezuela) qui crée ou développe une micro-entreprise. Qu'en est-il des petits employés et des chômeurs ? Qu'en est-il de ceux qui ont besoin d'un emprunt pour aller chez le médecin ou réparer leur maison dévastée par le dernier ouragan ?

L'idée

Au Venezuela existe une pratique que l'on appelle le « Susu » : un groupe de personnes se réunit, chacun met la même somme dans une cagnotte, et après un tirage au sort une personne du groupe empoche la somme qui a été réunie. C'est une forme de tombola.

L'idée de Salomon Raydan a été d'utiliser cette capacité des communautés pauvres à réunir un capital pour créer des « banques communautaires ». Chaque membre de la communauté investit la même somme pour constituer un capital. Ce capital est utilisé sous deux formes : il est investit dans des actions sans risque et prêté à ses membres. Les membres reçoivent les dividendes des actions et ont l'opportunité d'emprunter.

La première banque a été créée en 1998 avec douze femmes de l'île de Margarita, au Vénézuela. 140 banques communautaires ont été créées depuis. Elles regroupent 10 000 associés et font des prêts d'en moyenne 100 bolivars fuertes (30 euros au taux officiel). L'investissement minimal est le prix qu'aura à payer la banque pour acheter une action, soit dix bolivars fuertes (trois euros au taux officiel).

Et si les gens ne remboursent pas ? La banque est entièrement gérée par la communauté, qui est formée et assistée par la Fundefir, jusqu'à être laissée indépendante. C'est donc elle qui prend en charge le contrôle du bon remboursement des prêts. Les communautés étant de faible effectif, le lien social est fort et la pression du groupe suffit généralement pour assurer le remboursement. Les chiffres sont éloquents puisque les emprunteurs ne font défaut qu'à 0,5%.

Comment la mettre en pratique

Salomon Raydan est devenu membre du réseau d'entrepreneurs sociaux Ashoka et travaille à dupliquer son modèle : le système des banques communautaires de la Fundefir a été mis en place en Colombie, en Bolivie, au Sénégal, au Portugal, en Espagne et au Brésil.

La Fundefir travaille à la création des banques communautaires et les laisse ensuite s'autogérer de façon entièrement indépendante. « Certaines ne donnent même plus de nouvelles », confie-t-il. La mise en place d'une banque se fait en quatre étapes :

  1. La promotion. Il faut aller auprès des populations pauvres expliquer le principe des banques communautaires. « C'est très dur de convaincre ». Les gens mettent du temps à saisir leur intérêt et leur fonctionnement.
  2. La création. Ceux qui souhaitent s'associer définissent ensemble le règlement de la banque ainsi que les procédures de contrôle. Viennent alors les premières opérations. « C'est le meilleur moment, quand la banque prouve qu'elle peut marcher. »
  3. La formalisation. Une fois les premiers prêts effectués, il s'agit de formaliser les étapes de fonctionnement du prêt, de son recouvrement, de répartition des dividendes entre les associés, de façon à ce que la banque puisse continuer à fonctionner de façon indépendante.
  4. Le suivi. la Fundefir suit ensuite l'évolution de la banque communautaire et lui propose un appui logistique, théorique et financier.

« Notre principal travail est éducatif, assène Salomon Raydan, c'est d'apprendre aux gens à s'autofinancer. »

Ce que l'on peut faire

Les banques communautaires sont un bon moyen pour les sans papiers de pouvoir bénéficier de services financiers minimaux. Déjà testées en Espagne, les banques communautaires d'immigrants illégaux semblent être une réussite. En France, elles seraient une solution intéressante pour des sans papiers sans recours financiers et sans accès légal à des banques.

Photo : bidonvilles à Caracas en septembre 2009 (Jorge Silva/Reuters)

Thalassa parle du Venezuela...

Conférences Nov/Dec 2009 FAL31

www.faltoulouse.fr

Conférences Novembre/Décembre 2009

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« Le coup d’Etat au Honduras »

le 16 novembre à 20h30 au Rincon Chileno, rue Réclusane (métro St Cyprien)
avec les Amis du Monde Diplomatique

Réunion du Café Diplo Latino sur « Le coup d’Etat au Honduras »

« L’Uruguay et les enjeux de l’élection présidentielle du 29 novembre »

Le 25 novembre à 18h Amphi 9, bâtiment de l’Arche, Université du Mirail

Avec Alain Labrousse, spécialiste de l’Amérique Latine

En partenariat avec l’IPEALT (Institut d’Etudes Pluridisciplinaires sur
l’Amérique Latine à Toulouse) et l’ATRIA (Association Toulousaine de
Recherche Interdisciplinaire sur les Amériques)

“Colombie & Pérou : enjeux stratégiques & Droits de l’Homme”

Samedi 5 décembre à 20h30

salle Corraze, 3bis rue R. Corraze (cf. C sur le plan)

bus 22, 78-79-80 arrêt place de l’Ormeau, retour en covoiturage assuré

Buffet latino sur place à partir de 19h30 avant la conférence-débat

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Photos de Latinos-docs

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Honduras : Ne pas chanter victoire...

Très bonne analyse de Telesur. Voici une émission avec Roy Cardenton, Eva Gollinger...

nuevo video
No cantar victoria...

Actualité du processus

12.11.09 Venezuela : Les locataires appuient les décisions du ministre du Logement et réclament un décret pour réguler le marché secondaire

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12.11.09 Venezuela : Peuples d'Aguas Negras, cultivateurs d'espoir

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12.11.09 Venezuela : Premier Congrès Local de Santé

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12.11.09 Venezuela (Audio) : "Les travailleurs de Fama de America sont capables de prendre les rênes de l'entreprise"

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12.11.2009. VENEZUELA. Choses vues à Caracas (et tues à Paris)

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12.11.2009. VENEZUELA : Les autorités éducatives appuient le sauvetage de la langue afroaméricaine parlée dans l´État de Bolívar

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12.11.2009. VENEZUELA (AUDIO:) : IIIème Congrès Pédagogique des peuples indigènes et Afroaméricains

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12.11.2009. "L´Amérique latine doit se préparer face à une éventuelle invasion"

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12.11.2009. Pétition pour faire condamner Radio-Canada a la suite de son appui aux thèses des putschistes honduriens

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11.11.2009. VENEZUELA. Neuf questions sur l´invention d´une télévision révolutionnaire

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11.11.2009. Le temps des palabres a assez duré : mettons en oeuvre la souveraineté alimentaire !

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10.11.09. Venezuela : le massacre de Cantaura, ou les grands cimetières de la social-démocratie

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10.11.2009. COLOMBIE. Des organisations de la MINGA de résistance sociale et communautaire sont de nouveau la cible de menaces

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10.11.2009. Venezuela (VIDEO). "Fama de América" nationalisée !

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10.11.2009. VENEZUELA. La longue marche d´une révolution dans l´Université

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09.11.2009 Venezuela : "Vie et Liberté" dans le Municipe Pedro Zaraza

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09.11.09 : Venezuela : "les conseils communaux doivent effectuer un contrôle social pour améliorer les services de Mercal"

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08.11.2009. Venezuela : Si les exceptions ne confirment plus la règle...

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07.11.2009. Venezuela. La communauté Wayuu participe au Plan National des Semences

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07.11.2009. Peuples indigènes latino-américains : la langue contre la discrimination

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07.11.2009. Vénézuéla. Un campement paysan en pleine révolution productive

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06.11.2009. VENEZUELA. Ce qu´ils disent de Vive TV

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Analyse [fr]

09.11.2009. Gilberto LÓPEZ Y RIVAS. L'impact de la Révolution cubaine en Amérique latine

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08.11.2009. Fidel Castro : L'annexion de la Colombie aux Etats-Unis

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Référendum anti-impérialiste au Venezuela


Appel international à participation au référendum organisé au Venezuela 

contre l'impérialisme américain

Les collectif et organisations populaires du quartier populaire du 23 de Enero de Caracas, au Venezuela

invitent l'ensemble des peuples vénézuelien, latinoaméricains et du monde entier à participer au référendum populaire contre l'implantation des bases militaires américaines en Colombie qui se tiendra le prochain dimanche 25 octobre 2009. 


Pourront participer à ce référendum toutes les personnes âgées de plus de 15 ans quelle que soit leur nationalité et leur localisation.


Les deux questions posées seront :


  • Etes vous en faveur ou contre l'implantation de 7 nouvelles bases américaines en Colombie ?

  • Vous prononcez vous en faveur ou contre le coup d'État au Honduras ?


Ce référendum est crucial pour nous car il peut être le point de départ à une grande consultation de l'ensemble du continent latino américain sur cette question. Nous en appelons à votre conscience anti impérialiste et à votre solidarité internationale.

Pour participer, outre des urnes dans de nombreux quartiers de la ville de Caracas, a été mis en place pour les camarades du monde entier voulant se joindre à notre cause, un lien -bannière sur le site web (en espagnol) :

http://www.aporrea.org/


Le lien sera actif le 
dimanche 25 octobre 2009, de 8h à 14h, heure vénézuelienne,

soit de 14h30 à 20h30 heure française.

Nous vous invitons à participer à ce référendum populaire, à diffuser l'information autant que possible et à nous soutenir en informant sur ces questions toute les personnes et collectifs que vous pourrez

Salutations fraternelles anti-impérialistes

Les collectifs du 23 de Enero, Caracas, Venezuela

Expo photo "Capitolio"

Programmation LATINO-DOCS

Vendredi 6 Nov.

14h00 - Montana de luz (Cuba) VOST G. Centeno, A. Gil, 2005, 53 mn - Salle du Sénéchal
15h30 - La Paz de las Mariposas (Venezuela) VOST Y. Lacoste, 2009, 47 min- Salle du Sénéchal
21h00 - Confidences Cubaines (Cuba) VOST D. Gautier, 2007, 70 mn - Samba résille

Samedi 7 Nov.

14h30 - Argentinazo, Vivre avec la crise (Argentine) VOST D. Futerman, 2005, 105 mn- Samba résille
17h30 - Court métrages del "indio revelde" (Colombie) 50 Min + lectures de "sus cuentos y mas historias" de Carlos de Uraba - Samba résille
21h00 - Soirée «Sans Terre» (Brésil) : Descubrimos as raizes, VOST, J. Terrié, 2005, 26 mn et Sem terra VOST J. Timerman 2007, 52 mn+ Soirée festive brésilienne - Samba résille

Dimanche 8 Nov.

10h00 - Campesinos (Bolivie) VOST, S. Pick, F. Lacoudre, 2008, 102 mn- Utopia tournefeuille
16h00 - Cuidad de los fotografos (Chili) VOST, Sebastiàn Moreno, 2006, 80 mn- Rincon Chileno

Organisateurs : France Amérique Latine , France Cuba,
Participants : Cercle Venezuela Toulouse, Pas touche au Venezuela, Amis des Sans Terre Brésiliens, Association Magdalena

Lieux de Diffusion :

Samba Résille : , 38 rue Roquelaine Tlse,
UTOPIA TOURNEFEUILLE,
RINCON CHILENO : 24 rue Réclusane Tlse,
Salle du Sénéchal : 17 rue de Rémusat TLSE

STANDS ASSOCIATIFS - BAR - REPAS - EXPO PHOTO

les projections sont gratuites (Sauf Utopia) et suivies de débats

Contact : Latinodocs.blogspot.com - latinodocs@gmail.com

Hugo CHAVEZ devant les médias internationaux

Serge CHARBONNEAU

C’est dommage que si peu de gens, maîtrisent la langue de Cervantès.


Hier (en fait le 7/08), le Président diabolisé (depuis déjà une décennie) du Venezuela a donné une conférence de presse pour les médias internationaux. La soldate Beatriz Lecumberri du bataillon de l’AFP était présente. Le démon Chávez lui laissa les premiers mots pour donner le coup d’envoi à cette rencontre. La soldate Lecumberri de AFP a donc eu l’honneur de poser la première question. Le démon Hugo Chávez lui répondit de façon plus qu’exhaustive. Une réponse de près d’une heure. Non seulement il répondit à sa question concernant les allégations du gouvernement Uribe de Colombie l’accusant d’avoir acheté des armes de la Suède pour les vendre ou les donner à la guérilla « marxiste » [1] des FARC, mais il en profita pour donner un cours d’armement et d’Histoire.


La bête noire (puisque ce qualificatif si constamment employé pendant la saine (sic) l’administration Bush identifie maintenant, « le gros verrat » dans l’esprit de bien des gens) a non seulement mis en contexte avec une précision incroyable les accusations colombiennes, il donna un cours d’armes de combat, suivi d’un important cours d’Histoire régional. Aussi, il nous fit part de plusieurs anecdotes et circonstances que son rôle de gradé de l’armée vénézuélienne lui a permis de vivre en tant qu’acteur important dans les événements de la région. Cette conférence de presse était plus qu’intéressante. Une conférence de presse d’une très grande importance pour comprendre ce qui se passe en Amérique latine.


Ce matin, cherchez un seul reportage de la soldate Beatriz Lecumberri (AFP) concernant cette importante conférence de presse, vous n’en trouverez pas (en tout cas, je n’ai rien trouvé). Dans les journaux mondiaux (toujours à l’unisson), on trouve deux titres. Le plus "adéquat" est : « Les armes suédoises des Farc ont été volées au Venezuela en 1995, dit Chavez ».


Remarquez le « dit Chávez » qui annule en quelque sorte la crédibilité de la nouvelle. Tout le monde sait (après se l’être fait dire depuis des années) que Chávez est (en théorie et selon les soldats de l’information internationale) un fieffé menteur (sic). Donc, bien que Chávez ait démontré d’une façon incontestable l’absurdité de l’accusation colombienne, toute sa remarquable démonstration reste sans effet. Le bataillon médiatique est simplement contre la bête noire, peu importe la réalité, les faits, les circonstances et les preuves. Une fois de plus nous constatons que le bataillon médiatique opère pour un camp et que l’information journalistique est une illusion terrible.


Pour compenser ce maigre entrefilet, je vous invite à assister à cette importante conférence de presse tenue au palais de Miraflores de Caracas, hier, mercredi le 5 août 2009. « Chávez demuestra la falsedad de las pruebas de Uribe sobre las supuestas armas incautadas a las FARC » Chávez démontre la fausseté des preuves de Uribe concernant les armes supposément saisies aux FARC (en octobre 2008). Article et vidéo en 4 parties :
http://www.radiomundial.com.ve/yvke/noticia.php?30010


C’est avec une clarté et une précision chirurgicale que la bête noire (titre qu’on nous a enraciné dans le profond de notre cerveau) démontre l’absurdité de ces dites preuves. De plus, Chávez, ce Président diabolisé, qui n’a jamais opprimé sa population, qui a été élu et confirmé dans son poste plusieurs fois par la voie des urnes (toujours amplement surveillées par des centaines d’observateurs étrangers (400 aux élections de décembre 2006), qui n’a jamais envahi aucun pays, qui ne s’est jamais ingéré dans la politique interne d’aucun pays (autrement qu’amicalement lors de rencontres bilatérales ou multilatérales (MERCOSUR, UNASUR, ALBA)), nous a livré avec émotivité ses valeurs et ses convictions. Il a aussi fait part de comment il avait vécu plusieurs événements concernant cette guerre interne de Colombie ainsi que les attaques répétées contre lui.


Malheureusement, aucun reportage rapportant fidèlement cette vibrante conférence de presse n’est disponible dans nos médias. Par contre, on peut trouver un second titre faisant référence d’une façon plus que partielle à cette rencontre d’hier avec les médias internationaux : « Tensions Venezuela/Colombie : Chavez interdit l’importation de 10.000 voitures ». Un titre que vous pouvez retrouver dans l’ensemble de la presse dominante. Un titre vide mettant au premier plan un aspect négligeable de cette présentation de Hugo Chávez.


C’est cet aspect, totalement secondaire, que les bataillons médiatiques ont choisi de transmettre à la population. C’est l’aspect le plus inoffensif pour ne pas que l’image du gros verrat ne s’améliore. Il faut noter la présentation "malhonnête" de AFP (repris par TV5 [2]). L’article se termine en disant : « M. Chavez a poursuivi en déclarant que les lance-roquettes et fusils automatiques trouvés en Colombie dans un camp des rebelles marxistes avaient été volés dans un arsenal vénézuélien il y a 14 ans, démentant l’affirmation des Colombiens selon laquelle ces armes avaient été fournies par le Venezuela aux Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).


Ces armes se trouvaient à la base de Cararabo, proche de la frontière colombienne, et furent volées en 1995, a affirmé le président Chavez, qualifiant les accusations de Bogota de "sale action" destinée à détourner l’attention alors que la Colombie s’apprête à autoriser l’ouverture sur son sol de sept bases militaires américaines. » Il est faut de dire : « Chavez a poursuivi en déclarant… » Chávez n’a pas « poursuivi », il a débuté sa conférence de presse avec ces accusations colombiennes des armes supposément saisies aux FARC en octobre 2008. Sa conférence a duré plus d’une heure sur ce seul point.


Il a parlé environ 5 à 10 minutes, tout au plus concernant l’aspect économique entre le Venezuela et la Colombie, en s’appliquant à démontrer que par ses décisions politiques il avait augmenté de façon incroyable le commerce entre les deux pays, et ce, au bénéfice de la Colombie. Il a dit, qu’étant donné les circonstances (ces attaques diffamatoires répétées contre son gouvernement), il était tout simplement pour faire affaire avec l’Argentine et le Brésil qui eux se comportent en gouvernement honnête et "ami" et non pas comme Uribe qui vient signer des accords en jouant hypocritement l’amitié et en ayant un poignard dans sa manche près à lui planter dans le dos. Une guerre est en cours en Amérique latine. Une guerre dont nous sommes les témoins aveugles. Aveugles parce que les bataillons médiatiques qui participent activement à cette guerre nous voilent délibérément la réalité.


Cette conférence de presse, malgré son importance, malgré la justesse des preuves et des éléments démontrés, ne nous est pas fidèlement rapportée. La soldate Beatriz Lecumberri, une des vaillantes soldates de AFP, n’a rien fait transpirer des propos du Président vénézuélien. On nous garde confortablement dans nos préjugés et on travaille à conserver intacte dans notre esprit l’image de la bête noire. On constate, une fois de plus que le bataillon médiatique joue un rôle de premier plan dans cette guerre.


Tout le monde sait que la première victime d’une guerre est la Vérité. Nous en avons, une fois de plus la preuve. La couverture du Coup d’État au Honduras est aussi une autre preuve flagrante. La dictature s’est maintenant installée en douce et ce régime dictatorial est devenu le gouvernement « de facto ». C’est honteux de constater comment nos (sic) vils soldats de l’information servent de façon félonne les intérêts qui les emploient et desservent à ce point l’information.


L’Information qui, dans une société démocratique, est la pierre angulaire de la santé du système. Sans une information honnête, toute démocratie ne devient qu’illusion. Il faut que les citoyens en soient conscients. Il faut que le citoyen s’informe par lui-même. Internet est un outil extraordinaire pour parvenir à mieux s’informer. Sans internet, jamais nous ne pourrions voir l’importante conférence de presse qui s’est tenue hier à Caracas.


Il faut profiter d’internet et il faut être conscient que probablement, cet outil d’information extraordinaire nous sera retiré peu à peu. Soit par des coûts le rendant inaccessible, soit en contrôlant l’information qui y circule.
Il faut profiter d’internet le temps que nous le pouvons et il faut essayer d’empêcher qu’on nous enlève peu à peu, en douce, cet outil trop démocratique.
La démocratie est d’une fragilité bien plus grande que l’on peut l’imaginer.


Serge Charbonneau, Québec