Le Venezuela trace la voie d'une réponse progressiste à la crise

Le président vénézuélien Hugo Chávez a présenté ce samedi 21 mars une série de mesures économiques face à la crise mondiale. Alors que les gouvernements néolibéraux entendent faire payer la débâcle capitaliste aux travailleurs, Caracas ouvre la voie d'une réponse progressiste. Il s'agit, entre autres, de débloquer 100 milliards de dollars d'investissements publics sur les quatre prochaines années, d'augmenter de 20% le salaire minimum en 2009 et de limiter les revenus des hauts fonctionnaires.

Ces 100 milliards de dollars d'investissements publics se traduiront, entre autres, par la construction d'infrastructures et de nouveaux logements. (Photo: Seb)

L'annonce était attendue par beaucoup, y compris par l'opposition qui espérait des mesures impopulaires comme l'augmentation du prix de l'essence ou une dévaluation du Bolivar (la monnaie locale). Rien de tout cela ne figurera finalement à l'agenda. (1)

A contre-courant des recommandations classiques du FMI ou de la Banque mondiale, Caracas a présenté ce samedi un plan d'investissements publics à hauteur de 100 milliards de dollars (2) sur les quatre prochaines années. "Le gouvernement révolutionnaire va investir une masse globale de 100 milliards de dollars. Et cela n'inclut pas les investissements pétroliers qui eux atteindront 125 milliards. C'est une des plus fortes mesures anticycliques et anticrise", a expliqué le président Chávez.

Par ailleurs, le budget 2009 de l'Etat sera revu à la baisse (- 6,7%) et recalculé sur un prix du baril de pétrole à 40 dollars, au lieu des 60 dollars comme base actuelle. Afin de faire face à cette réduction, l'Etat doublera pratiquement son endettement interne et fera des économies sur les salaires des haut fonctionnaires.

Selon les chiffres présentés par le président Chávez en Conseil des ministres, la dette externe du Venezuela représentait 64,1% du Produit intérieur brut (PIB) il y a 20 ans et se situe aujourd'hui à 9,3% (fin 2008). La dette interne se situe quant à elle à 4,3% du PIB. "Ce pourcentage peu élevé nous permet aujourd'hui de prendre des mesures d'augmentation (de la dette interne), calculées de façon exacte afin de nous protéger et de nous renforcer", a-t-il expliqué.

Par ailleurs, le mandataire a appelé l'Assemblée nationale (le Parlement) à légiférer afin de limiter les salaires des hauts fonctionnaires. En ce qui concerne l'Excécutif, un décret devrait être publié dans les prochains jours afin de réviser et réduire les revenus les plus élevés. Les dépenses somptueuses sont également concernées. "Nous allons éliminer les frais des véhicules de luxe, les cadeaux, la construction de nouveaux sièges, les missions à l'étranger, la publicité superflue, etc.".

Hausse du salaire minimum

Parmi les mesures figure également une augmentation du salaire minimum de 20% en deux étapes: 10% à partir du premier mai et 10% en septembre prochain. Celui-ci passera donc, cette année, de l'équivalent de 274 euros à 331 euros par mois, se maintenant parmi les plus élevés d'Amérique latine.

La seule décision qui sera directement répercutée sur le portefeuille de la population, afin d'équilibrer en partie le budget de l'Etat, est l'augmentation de 3% de la TVA. Elle passe ainsi de 9 à 12%, loin derrière les 16% de la fin des années 90. "De la même manière que nous avions réduit la TVA de 14 à 9% lorsque nous jouissions des hauts revenus pétroliers, maintenant nous effectuons une augmentation prudente", a fait remarquer Chávez.

Finalement, le gouvernement a confirmé la nationalisation (annoncée il y a déjà plusieurs mois) de la banque filiale du groupe espagnol Santander, Banco de Venezuela. Si cette décision se concrétise, l'Etat vénézuélien contrôlera 25% du secteur bancaire et en sera l'acteur le plus important. Ces actions, accompagnées de la ferme volonté de maintenir les dépenses sociales en matières d'éducation, de santé et d'infrastructures, démontrent qu'il n'y a pas de fatalité face à la crise capitaliste et qu'un gouvernement souverain, non soumis aux diktats des institutions financières internationales et des entreprises, peut agir en fonction des intérêts des travailleurs... lorsque l'intention y est.

Notes:

(1) La chaîne privée Globovision était même allée jusqu'à inventer l'annonce imminente d'une diminution de la quantité de devises étrangères octroyées à chaque Vénézuélien. L'information, qui s'est révélée totalement fausse, fut relayée par plusieurs médias d'opposition avant d'être démentie par un communiqué du ministère de l'Economie et des Finances.

(2) Le 23 mars, un dollar était égal à 0,73 euro.

"La crise pourrait mener à une économie mondiale organisée sur la base de blocs régionaux"

Cet entretien avec l’économiste chilien Orlando Caputo fut réalisé en décembre 2008 à Santiago du Chili et publié en espagnol sur le site Rebelion.org en janvier. Malgré les trois mois écoulés depuis lors, j'estime qu'il garde en bonne partie sa pertinence, surtout à l'heure où les "maîtres du monde" se réunissent à Londres dans le cadre du G20.

(Photo: Seb)

Orlando Caputo est économiste et a dédié la majeure partie de sa vie à l’activité académique, sauf durant la période de gouvernement du président Salvador Allende, pendant laquelle il se trouva à la tête de l’industrie chilienne du cuivre. A 28 ans, il fut nommé représentant personnel d’Allende au comité exécutif de Codelco (Corporation nationale du Cuivre) et a ensuite occupé le poste de gérant général de cette entreprise publique.


Après le coup d’Etat militaire il s’est exilé au Mexique où il a vécu 17 ans et a enseigné à l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM). Dans ce pays, il a participé à la création du Réseau d’Etudes de l’Economie mondiale (1), dont il est toujours membre aujourd’hui.


Son sujet d´étude principal est l’économie mondiale et il insiste: "pas ‘inter-nationale’, mondiale". Monsieur Caputo revendique une interprétation différente de la crise économique, "y compris de celle que font certains secteurs progressistes". Il estime que la crise pourrait ouvrir de nouvelles possibilités et alternatives, mais il signale de nombreuses déficiences parmi les partis et un manque de conscience politique chez les mouvements sociaux. "Le capitalisme a la capacité de résoudre cette crise", prévient-il.


Quelle est votre interprétation de la crise actuelle ?


Il s'agit d'une crise immobilière qui s'est transformée récemment en crise de l'économie mondiale et je pense que nous n'en sommes qu'au début. Cette crise, depuis le départ, a été analysée sur la base d'éléments qui me paraissent très critiquables. Parmi ceux-ci le fait de la qualifier de crise financière.

Cela me paraît bizarre parce que c'est en fait une crise immobilière qui regroupe deux secteurs: un secteur réel et un secteur financier. Mais en plus on parle de crise financière alors que la globalisation de l'économie mondiale a fait en sorte que le capital productif soit devenu relativement indépendant du capital financier.


Dans les années 80, environ 50% des bénéfices des entreprises productrices de biens et services étaient captés par le secteur financier. Cela a diminué énormément jusqu'à atteindre entre 10 et 18%. Et cela va même plus loin, ces entreprises ont obtenu des bénéfices si élevés qu'elles se sont transformées en prestataires nettes du système financier.


Souvenons-nous que la globalisation de l'économie mondiale, appuyée par le néolibéralisme, s'est instaurée parce que les bénéfices et les taux de rentabilité (2), dans les années 60 et 70, étaient bas. Les entreprises ont alors commencé à affronter cela en s'ouvrant au monde, en investissant partout, en exigeant le libre commerce, etc.


Que signifie cette globalisation de l'économie du point de vue des relations sociales de production?


Elle signifie une domination du capital sur le travail: flexibilité du travail, tertiarisation, etc. La flexibilisation des processus productifs divise le monde du travail. Qu'est-ce que cela implique? Cela implique que dans le monde il y a eu une diminution des salaires accompagnée d'une augmentation directe des bénéfices des entreprises.

L'augmentation des bénéfices est due aussi à d'autres raisons, notamment parce que les entreprises s'approprient les ressources naturelles. Le néolibéralisme défend comme cause principale, en plus de la "liberté de choisir", la propriété privée des ressources naturelles. Par ailleurs, on augmente aussi le pouvoir du capital sur les Etats.

Le monde est dominé par les grandes multinationales productrices de biens et services et non par le capital financier. Cela ne veut pas dire que le capital financier ne soit pas important, il est très important. Mais le capital a besoin de créer un bénéfice et pas seulement de jouer avec des bénéfices antérieurs, des accumulations de fonds, etc.

Dans les pays développés, cette indépendance relative se réalise concrètement. Dans le cas de l'Amérique latine, le capital financier mondial et le capital productif agissent conjointement car les dénationalisations, l'organisation de la production et les nouvelles entreprises se créent avec très peu de capital frais et avec beaucoup de crédits associés. Et donc en Amérique latine, pour ainsi dire, l'exploitation est double.

"Le monde est dominé par les grandes multinationales productrices de biens et services et non par le capital financier"

Si on voit les choses de cette manière, cela veut dire que dans le monde il y a un excès de capital qui va vers les fonds, vers l'appareil financier. Les entreprises y mettent tout le capital liquide qu'elles ne vont pas utiliser, les gouvernements aussi y mettent leurs réserves; des fonds souverains se créent dû aux prix élevés des matières premières durant une certaine période, les fonds de pensions et aussi d'autres types de fonds se créent aussi.

Les entreprises ne sont plus demandeuses de crédits car elles sont désormais des prestataires nettes. Mais cela représente un problème: à qui vont-elle prêter? C'est là que se développent les entreprises technologiques, les "point com", qui expliquent la crise de 2001. Mais après, où investissent-elles leur capital excessif? Elle n'avaient plus où prêter et c'est là que le secteur construction a joué un rôle important, non seulement aux Etats-Unis mais aussi dans le monde.


Les entreprises n'ont pas besoin de capital car elles réalisent leurs investissements, leurs élargissements et fusions à partir de capitaux propres. Evidemment tout est relatif, sur 100% elles obtiennent peut être 15% de crédits. Mais ce qu'elles trouvent comme sortie c'est le développement du secteur immobilier, en finançant de grands projets à grands coups de crédits.


Ça c'est le système qui a échoué aux Etats-Unis et ailleurs. Cette interprétation est complètement différente de ce qu'on peut entendre sur le sujet. Cette crise n'a jamais été seulement financière, c'est une crise de la globalisation et du néolibéralisme. Et la crise s'est maintenant transformée parce que, jusqu'au deuxième trimestre 2008, les bénéfices des entreprises productrices de biens et services, non résidentielles, ne diminuaient pas énormément aux Etats-Unis. Les véritables crises ne peuvent se développer s'il n'y a pas une importante chute des bénéfices et des taux de rentabilité. Et cela est en train d'avoir lieu à l'heure actuelle.

Considérez-vous cette crise comme une opportunité pour développer des alternatives?

Cette crise pourrait mener à une rupture du processus de globalisation actuel et à une économie mondiale organisée sur la base de blocs régionaux. Mais continuer à l'analyser comme une "crise financière" c'est déplacer la préoccupation fondamentale. C'est déplacer le fait que la plus importante contradiction de notre époque se trouve entre le capital et la société humaine, représentée par les travailleurs et les mouvements sociaux qui défendent aussi les ressources naturelles et la nature.

La crise peut ouvrir des possibilités mais je pense qu'il y a beaucoup de déficiences politiques, il n'y a pas de conscience. Le mouvement est très faible mais s'il y avait une conscience politique et si les partis se positionnaient, il pourrait alors surgir un processus de rébellion afin d'exiger de nouvelles structures mondiales, un nouveau système financier et monétaire.

En Amérique latine on peut arriver à faire de grandes choses: un processus d'intégration qui tienne compte de l'intérêt des peuples et pas seulement des entreprises, qui diversifie les économies nationales, qui ne soit pas seulement commercial mais qui soit plutôt un processus d'intégration globale et avec une monnaie propre, une Banque du Sud, etc. Les conditions sont réunies.


Notes :

(1) Red de Estudios de la Economía Mundial (www.redem.buap.mx). Orlando Caputo est également membre du groupe de travail sur l'Economie mondiale, les Corporations transnationales et les Economies nationales, du CLACSO (Conseil latino-américain des Sciences sociales, www.clacso.org.ar).

(2) «Las tasas de ganancias».

Source: la voix du Sud

VENEZUELA: 27 février 1989, le jour où le peuple s’est réveillé

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“Quelle social-démocratie n’a pas donné l’ordre de tirer
quand la misère sort de son territoire ou ghetto ?”
Gilles Deleuze (1)

Le 27 février 1989, débute à Caracas l’un des évènements historiques les plus signifiants du changement de période politique de la fin des années 80. Quelques mois avant la chute du mur de Berlin, les vénézueliens vivant majoritairement dans les quartiers pauvres (80% de la population) se révoltent contre l’application brutale des mesures du FMI par le vice-président de l’Internationale Socialiste de l’époque : Carlos Andrés Pérez (CAP). La réponse politique du gouvernement vénézuelien est brutale: déploiement l’armée et autorisation de tirer sur la foule. La répression se solde par un terrible bilan : près de 3000 morts en quatre jours.

El Caracazo constitue l’une des premières révoltes d’une nouvelle époque au confluent de trois phénomènes historiques profonds : la fin du stalinisme, la crise de la social-démocratie, et les contradictions sociales et démocratiques de l’hégémonie capitaliste. Cette révolte spontanée marque le réel début du processus révolutionnaire bolivarien et celui d’une longue série de révoltes dans le monde contre le visage libéral du capitalisme.


9 novembre 1989, quartier huppé d’Altamira, le ciel est bas sur Caracas, les nuages cachent le sommet de l’Avila, habituelle ligne d’horizon pour les “caraqueños”. La foule regarde cette grande obélisque et l’immense fontaine traversant la plaza Francia que l’on est en train d’inaugurer. Les flashs crépitent quand Carlos Andres Pérez serre la main de son invité de marque : François Mitterrand. Les 200 ans de la Révolution Française sont fièrement commémorés par les deux complices, alors que les familles vénézueliennes ayant pris la ville pour subvenir à leurs besoins, cherchent encore leurs disparus …



Du « Venezuela Saoudite » au Venezuela endetté.


“Quand les prix baisseront, nous resteront tranquilles”
(2) *
Manifestant du Caracazo

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Carlos Andrés Pérez (à droite) dans une réunion à Washington avec George Bush père.

Carlos Andrés Pérez, membre du parti Action Démocratique (AD), est élu président de la république en 1988 et prend ses fonctions le 4 février 1989. Fort d’une solide réputation de tiers-mondiste, de démocrate, il est très attendu pour enrayer la rapide dégradation des conditions de vie des vénézueliens due à une inflation atteignant les 29,46% en 1988. Il ne perd pas de temps (12 jours) pour appliquer son programme « Nouveau Venezuela ». Même si, pendant sa campagne, il a déclaré que le FMI « martyrisait les peuples », il apparaît très sensible aux conseils de ses représentants, présents au Venezuela depuis 1987 pour tenter d’enrayer la crise économique que vit ce pays pétrolier.

La chute du prix du pétrole a profondément entamé l’économie rentière du pays, et malgré la dévaluation du Bolivar, l’inflation demeure. Le système vénézuelien surnommé « Venezuela Saoudite », basé sur un Etat dont l’action se réduit à la redistribution de la rente pétrolière au profit d’une poignée de familles (tout en laissant sur le carreau 80% de la population), souffre d’un grave manque de liquidité. Le FMI propose un prêt de 4,5 milliards de dollars sur 3 ans, mais non sans conditions : « l’habilité du Venezuela à obtenir de nouveaux financements extérieurs dépend du programme économique mené »(3) . L’Etat doit en substance libéraliser son économie et laisser libre cours au marché.

Le 16 février, CAP présente son “paquete économico” (4) à la télévision, l’annonce est tant attendue que pour la première fois, l’élection de Miss Venezuela arrive seconde à l’audimètre ! Les vénézueliens assistent en direct à la présentation d’un programme libéral d’ajustement structurel : abandon des subventions assurant la rentabilité du très léger secteur industriel, privatisation des entreprises publiques, seconde dévaluation du Bolivar et dégel des prix, notamment celui du pétrole…

Les chauffeurs de bus répercutent la hausse du prix de l’essence dès le 27 février : 200% d’augmentation du ticket en une journée… Et ce, dans un contexte de forte mobilisation des étudiants et du personnel de l’éducation (230.000 grévistes pendant 17 jours). Tous ces éléments constituent le détonant mélange de la bombe « Caracazo ».

Réappropriation

“Ils ont exproprié le produit de leur travail, tout ce qui a un rapport avec
les besoins d’un être humain. S’ils ont eu la possibilité de le faire,
alors bravo, que ce rêve soit réalisé !” *

Roland Denis- Ancien ministre de la Planification.

Les oubliés de la "démocratie" se réapproprient le fruit de leur travail.

Les oubliés de la "démocratie" se réapproprient le fruit de leur travail.

Tout commence à Guarenas (cité-dortoir à 30 kms de Caracas), les travailleurs prennent violemment à parti les chauffeurs de bus et refusent de payer le ticket dont le prix a triplé. « Une troupe de la Guardia Nacional tente d’exiger que les chauffeurs baissent leurs prix ; un chauffeur refuse et un garde tire dans les pneus du bus, c’est le signal que tout le monde attendait » (5) . Premières victimes de la colère, les bus et minibus privés sont détruits à la barre de fer puis brûlés, les Guareños se dirigent spontanément vers les camions de marchandises et stoppent le trafic. Les petits commerçants ne voulant pas baisser les prix subissent les premiers saccages et pillages. Un commerçant déclare “Ça commence à s’organiser et comme un ban de langouste, à s’attaquer aux commerces et aux boucheries » (El Nacional 28/02/89). Rapidement, les manifestants se dirigent vers les immenses et emblématiques centres commerciaux vénézueliens (parmi les plus grands du monde). Les vitrines volent en éclats, tous les produits de consommation, surtout alimentaires sont mis sur le dos, ou dans des baluchons : rien n’est organisé mais la réappropriation est très efficace.

La Police Métropolitaine intervient, mais profitant du mouvement, les policiers exigent des améliorations de salaire et une meilleure couverture santé… Les renforts de la PM de Caracas déjà occupée, avec la DISIP (police politique), par la violente mobilisation dans l’éducation sont lents, le mouvement prends corps « Quand la police apparaît, un groupe se charge de les éloigner en lançant des pierres pendant que les autres continuent à ouvrir les commerces » (El Nacional 28/02/89). La nuit tombée, alors que tout le monde attend une accalmie, la situation s’aggrave. Les habitants des quartiers populaires “los ranchos” (de La Vega, de Petare, de Catia, del Valle, de 23 de enero, etc) commencent à descendre massivement dans le centre ville.

La journée du 28 prend une proportion extraordinaire, la ville est prise par les oubliés, les invisibles. Les médias, diffusant en boucle les images de pillage, font passer les manifestants pour des hordes de délinquants. On entend pourtant des slogans de plus en plus politiques : “augmentation des salaires !” ou “baisse des prix de l’alimentation !”… Et les manifestants agissent avec calme et dignité “Non, je ne me repentis pas. C’était un acte honorable. A la maison j’ai à manger, quatre bermudas, un tee shirt, une paire de chaussure… Est ce que je le referais ? Je ne sais pas. » (Manifestante dans El Diario de Caracas 07/03/89) Alors que les banques et les postes de police sont ravagés, on constate que la révolte garde une logique : les pharmacies, les Hôpitaux et les écoles sont épargnés “La seule chose que l’on a laissé ici à El Valle- a été la Ferretería Futuramic. Personne ne l’a pillée parce que le propriétaire est quelqu’un de bien, qui vend pas cher et se comporte bien avec les gens du quartier” (El Nacional 03/03/89). On voit ça et là des fêtes, des barbecues profitant de la viande et des appareils de son «récemment acquis».

CAP rentre de Barquesimeto dans la nuit du 27 et constate l’ampleur de la situation. Une réunion a lieu à Miraflores (palais présidentiel) avec les représentants du gouvernement, les autorités militaires et des représentants des partis politiques d’opposition. Ces derniers ne divergent que sur un seul point : la suspension des garanties constitutionnelles. Le MAS (Mouvement Vers le Socialisme), par exemple, pensait qu’il était nécessaire de “rétablir l’ordre public sans suspension des garanties de liberté. Il est clair qu’il y a eu de graves débordements et qu’il règne une climat d’insécurité et de peur” (El Nacional 05/03/89). Devant l’unanimité d’approbation du recours à la répression, CAP met en œuvre un plan de déploiement des Forces Armées Nationales pour le « rétablissement de l’ordre » : le Plan Avila.

Massacre

« Nous sommes disposés à tuer qui que ce soit, ce sont les ordres que nous avons reçus»

Un soldat cité dans journal El Nacional du 3 mars 1989

“Nous avons tous contribué au rétablissement des procédures
normales de production de biens et de services pour conserver
et préserver le bien être. [...] Le peuple et le gouvernement ont constitué,
une fois de plus, une formidable équipe de travail nommée : Venezuela “*

Eladio Larez - Président de la chaîne RCTV en direct pendant le massacre.

La répression est totale, hommes, femmes, jeunes et vieux sont massacrés.

La répression est totale, hommes, femmes, jeunes et vieux sont massacrés.

A 16h, le 28 février, on déclenche le Plan Avila. Il permet la suspension des garanties constitutionnelles : liberté de la presse, liberté de manifester, de réunion, d’opinion, suspension de l’inviolabilité des foyers, de l’interdiction des détentions abusives… L’armée peut agir en toute impunité. Pendant quatre jours, la répression est totale dans les rues et jusque dans les habitations : des hommes, des femmes, des jeunes sont abattus froidement jusque dans leurs logements*.

Un médecin témoignera plus tard : « Dès le mardi, trente morts et presque trois mille blessés sont arrivés, la majorité touchés par des armes de guerre. Au début, seulement des jeunes hommes, mais rapidement sont arrivés des femmes, des enfants et des vieux […] J’ai vu un enfant de neuf ans avec une énorme blessure par balle sur la poitrine. […] On aurait dit une guerre, chaque minute, il y avait un nouveau blessé. » (El Nacional 02/03/89)

La foule a du mal à compter ses morts, la recherche des victimes est souvent impossible car des fosses communes sont creusées par l’armée pour faire disparaître les centaines de corps.

La répression a duré jusqu’au 2 mars 1989. Le gouvernement rendra public le chiffe officiel de 243 victimes, toutes les analyses s’accordent pourtant sur plus de 3000 disparus. On se demande encore comment toute l’armée vénézuelienne a pu collaborer à ce niveau à cette chasse ignoble. Le lieutenant colonel de l’armée vénézuelienne Hugo Rafael Chavez Frias étant souffrant ces jours là, on ne pourra jamais savoir ce qu’il aurait fait. Une chose est sûre, un secteur important de l’armée autour du MBR-200 (6) prend alors conscience de la barbarie de ce pouvoir et rêve de changement.

Le 4 février 1992, ces mêmes forces tentent un coup d’Etat contre CAP, celui-ci échoue mais Chavez passe 10 secondes à la télé vénézuelienne, assume la responsabilité de cet échec (jamais un homme politique n’avait pris ses responsabilités publiquement au Venezuela) et affirme que leurs objectifs ne sont pas atteints “por ahora” (« pour l’instant »). Ce mot résonne dans la tête de tous les meurtris du Caracazo et le vent commence à tourner quand la cour suprême de justice destitue CAP pour corruption en 1993. L’élection de Chavez en 1998 et le processus révolutionnaire bolivarien s’avèrent être une recherche de débouché politique à cette révolte.

De la spontanéité

« Absolument tous les organismes de police, de sécurité,
[…] les directions et sections de renseignement de toutes
les Forces Armées Nationales ont été prises par surprise »
(7)
Rafael Rivas-Vasquez- directeur de l’Agence de Renseignement Vénézuelienne en 1989

La révolte s'est spontanément tournée vers les petits et grands commerces devenus hors de prix.

La révolte s'est spontanément tournée vers les petits et grands commerces devenus hors de prix.

La spontanéité du mouvement pose directement la question de la réappropriation. Sans aucun appel de mouvements politiques, de syndicats, d’organisations populaires quels qu’ils soient, le peuple vénézuelien a fait preuve d’une incroyable cohérence. Ceci montre qu’une organisation propre aux quartiers vénézueliens, même naissante ou latente, existait bel et bien. Plusieurs phénomènes expliquent peut être cette cohérence, notamment la présence de groupes de la théologie de la libération ou d’ex-guérilleros, présents depuis les années 1970. Caracas a compté plus de 300 hommes en armes à cette période, et le FLN-FALN (8) comme les tupamaros sont des groupes très influents dans les quartiers les plus peuplés de Caracas.

Certains groupes de guérilla avaient, depuis le début des années 1980, progressivement changé leur stratégie de lutte, à la recherche d’une stratégie mieux adaptée que les méthodes cubaines ou colombiennes, et préféré l’organisation communautaire, la formation politique, et le travail culturel, en s’affrontant constamment au trafic de drogue, principal obstacle à l’organisation communautaire. Ceci entraînait des combats d’hégémonie dans certains quartiers, comme par exemple La Vega (quartier pauvre de 700.000 habitants) où la population était habituée et même actrice de cet affrontement. Un terrain propice à la mobilisation populaire ? Ceci est indéniablement un facteur déterminant.

Le mouvement étudiant a joué un rôle important dans la structuration, l’Université Centrale du Venezuela (UCV) est devenue le centre de commande, pas seulement pour les leaders étudiants, mais aussi pour les dirigeants populaires. Le 27, après une grande assemblée de près de onze heures une grande manifestation démarre de l’Université vers Plaza Venezuela, où commencent à émarger des barricades. La jeune dirigeante étudiante Yulimar Reyes a été la première tuée de la journée du 27, sa mort a eu un impact énorme sur la radicalisation du mouvement.

Le Caracazo a pourtant montré les limites de la spontanéité d’action et, à partir de cet événement, un saut qualitatif s’est produit dans l’organisation communautaire, ce qui a permis de construire dans les quartiers un tissu social et militant capable d’accueillir plus tard, avec plus ou moins d’indépendance avec le gouvernement bolivarien, les mesures sociales et de démocratie participative et protagoniste qui caractérisent le processus politique actuel.

Le facteur central expliquant la spontanéité du mouvement est l’absence de réelles forces de gauche, syndicales ou politiques, présentes au Venezuela. Alors qu’on l’a vu, le parti AD, surnommé le « parti du peuple » est totalement converti au libéralisme, la centrale syndicale majoritaire, la CTV, est elle aussi totalement inscrite dans le système de corruption assurant la distribution des pétrodollars de PDVSA (l’entreprise pétrolière) à l’oligarchie vénézuélienne. Le Parti Communiste Vénézuelien, le MAS, le parti Causa Radical était incapables à l’époque de réagir, le 26 février 1989 le MAS avait publié un communiqué demandant timidement à CAP « un programme d’ajustement plus graduel, équilibré et équitable ». Très déstabilisés par les échecs des guérillas de libération nationale et la fin palpable du modèle soviétique, ces forces avaient pris, depuis les années 80, un tournant réformiste qui les isolaient du peuple. Ils sont allés jusqu’à soutenir, en 1994, le président Caldera, successeur de CAP qui a notamment continué les réformes libérales (notamment les privatisations). Le volcan Caracazo a jailli entre deux plaques tectoniques de l’histoire : la fin du stalinisme et la crise de la social-démocratie.

Crise de la social-démocratie…

“Est-ce juste que dans leur pseudo démocratie,
la vie humaine n’ait aucune valeur ?”*

Manifestant du Caracazo

La présence à Caracas le 9 novembre 1989, d’un François Mitterrand fraîchement réélu, est révélatrice des relations (inchangées après le Caracazo) entre l’Internationale Socialiste et le parti Action Démocratique (AD). De cette visite, l’Histoire ne retiendra pas son malaise pendant le voyage, mais bien son silence, sur les lieux de ce massacre à la portée politique inouïe. Même Le Monde sous la plume de Thierry Desjardins annonce « CAP a commis une grave erreur en lançant ses troupes de combat sur la ville (…) A partir de ce moment, Carlos Andrés Pérez s’est entaché de sang ». (Le Monde du 07/03/89 repris dans El Nacional du 08/03/89)

En 1993, après sa destitution pour corruption, le bureau de l’Internationale Socialiste envoie en communiqué un texte témoignant à Carlos Andres Pérez toute son amitié et son estime (9) . Une méconnaissance de la situation ? Sûrement pas, l’Internationale Socialiste devait beaucoup à CAP … Bernard Cassen écrivait dans le Monde Diplomatique (10) “M. Carlos Andrès Pérez[...] avait été généreux avec ses amis européens : il est de notoriété publique que, sous la direction de M. Felipe Gonzalez, le Parti socialiste espagnol (PSOE) a largement bénéficié de sa « solidarité » financière. D’où, sans doute, l’éloquent silence des partis socialistes européens, et notamment du PS français, lors du coup d’Etat anti-Chávez du 11 avril 2002.” . On peut y voir une « solidarité » financière, mais le plus significatif est peut être bien une solidarité de positionnement politique : l’application plus ou moins brutale des politiques du FMI, d’un côté comme l’autre de l’Atlantique.

D’éminents représentants ou soutiens de l’Internationale Socialiste en Amérique Latine ont subi les foudres des révoltes populaires. Le président bolivien Gonzalo Sánchez de Lozada et son bras droit Jaime Paz Zamora (l’un des 34 vice-présidents de l’IS) ont dû démissionner au cours de la “guerre du gaz” en 2003. En 2005, le peuple équatorien aux cris de “Fuera Lucio, que se vayan todos ! ” (11) a fait destituer le président Lucio Gutierrez, soutenu par le Parti Socialiste, pour ne pas avoir tenu ses engagements de campagne.

L’espoir résiderait-il dans le démarquage clair et le dépassement de la gauche qui a capitulé ? Les processus politiques latino américains les plus intéressants, au Venezuela, en Bolivie et en Equateur nous montrent que oui.

Julien Terrié
Le 27 février 2009

(1) DELEUZE G. , Qu’est-ce que la philosophie ?, Minuit, p. 103.

(2) Les citations pointées par un * proviennent de témoignages extraits des archives vidéos du Caracazo, et récoltés par la coopérative COTRAIN http://www.youtube.com/watch?v=vg7mvx3IYRw

(3) LEVEQUE Frédéric, Le ’Caracazo’, c’était il y a 15 ans, CADTM, http://www.cadtm.org/spip.php?article500

(4) « Paquet économique» CAP a choisi faire passer toutes les mesures en une seule fois.

(5) COLMENAREZ Elio : LA INSURRECCIÓN DE FEBRERO: a 20 años del Caracazo. marxismo.info

(6) Mouvement Bolivarien Révolutionnaire des 200, groupe de militaires bolivariens issus du travail politique du parti Causa Radical dans l’armée vénézuelienne.

(7) RIVAS-VASQUEZ Rafael, EL DÍA QUE BAJARON LOS CERROS, Febrero de 1999, http://www.amigospais-guaracabuya.org/oagrv002.php

(8) Front de Libération National – Forces Armées de Libération Nationale

(9) ROGALSKI Michel, « L’Amérique Latine et nous », Fondation Gabriel Péri, http://www.gabrielperi.fr/L-Amerique-latine-et-nous

(10) CASSEN Bernard, « Union sacrée à Strasbourg », avril 2004, Monde Diplomatique http://www.monde-diplomatique.fr/2004/04/CASSEN/11132

(11) « Dehors Lucio, qu’ils s’en aillent tous ! »

Ciné/débat

Venezuela : un socialisme du XXI° siècle est-il possible ?

conf_venezuela_17_decembre_2008-1

Co-réalisateur du film: "Vers le Socialisme du XXI° Siècle" VOST Fr 48 min

Résumé : Ce documentaire vise à faire le point sur la réflexion, la discussion et l'étude d'un nouveau socialisme pour lequel il n'y a pas de modèles, de paradigmes ni de canons valables. Il ce propose également de faire une évaluation de toutes ces grandes expériences socialistes passées et des pratiques qui construisent des « socialismes partiels » dans le monde et qui, généralement, ne suscitent pas d'intérêt de la part des médias ni des autorités académiques.

Les chavistes se rassurent après leur victoire aux élections fédérales et municipales.

Le traumatisme du référendum perdu de décembre 2007, était encore dans toutes les têtes des militants du PSUV quand la Présidente du Conseil National Electoral a annoncé les résultats des élections fédérales et municipales, dimanche soir aux alentours de 23h30.

Mais très vite, l'anxiété a laissé place aux sourires quand celle-ci a égrainé les résultats, Etat par Etat. Au total, le PSUV gagne 17 Etats sur les 22 Etats, plus le district fédéral qui étaient en jeu (l'Etat d'Amazonas ne participait pas à ces élections du fait d'un statut particulier).

Cela fait aujourd'hui indiscutablement du PSUV la première force politique du pays. De ce point de vue, le PSUV a donc passé avec brio son premier test électoral.

L'autre satisfaction tient au taux de participation. Alors que d'habitude, les élections locales parviennent difficilement à atteindre les 30% de participation, ces dernières élections ont vu plus de 65% des vénézuéliens se déplacer aux urnes. Preuve s'il en est, de la prise de conscience populaire de l'importance de ces élections pour redynamiser le processus, après le référendum perdu.

Toutefois tout n'est pas rose (ou plutôt rouge) dans le nouveau paysage électoral qui s'est dessiné hier. Si l'opposition est largement battue, elle remporte toutefois des victoires symboliques. Elle est arrivée tout d'abord à conserver des Etats traditionnellement hostiles au processus comme Zulia (où Chavez s'était personnellement impliqué dans la campagne), ou Nueva Esparta. Mais surtout, elle a réussi a gagner les Etats de Tachira, Carabobo et enfin, le plus important, l'Etat de Miranda, qui englobe Caracas.

Pire encore, concernant les élections municipales, au niveau de la ville de Caracas, si les chavistes conservent la partie centrale de la ville (Municipio Libertador) avec la victoire du chaviste Jorge Rodriguez, la véritable défaite est advenue au niveau de l'Alcadia Mayor (le Grand Caracas), puisque Aristobulo Irutiz (une des figures les plus emblématique et populaire du chavisme) a du s'incliner face au candidat de l'opposition.

Certes, pas de quoi stopper le processus. La victoire est nette. Toutefois, les pertes électorales subies sont suffisantes pour rappeler à Chavez qu'il est urgent de s'attaquer à un certain nombre de problèmes (corruption, insécurité, inflation…) qui minent le quotidien des vénézuéliens.

De Caracas,

Fernando Esteban.

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Les réponses du Venezuela à la crise mondiale

Du 8 au 11 octobre dernier, à l'invitation conjointe du Ministère de la planification du Venezuela y du Centre International Miranda, une trentaine d'économistes internationaux ont été invité à refléchir sur la crise financière mondiale et à proposer quelques solutions alternatives. La conférence, fut ouverte par un discours de près de trois heures d'Hugo Chavez.

Parmi les économistes, il y avait notamment Eric Toussaint, Claudia Katz, Samir Amin, Jorge Marchini, David Barkin, Tim Anderson, Al Campbell, Eric Berr, Paolino Nuñez, Pablo Heidrich... Etaient aussi présents le président de la Banque nationale du Venezuela et Pedro Paez, Ministre de l'économie d'Equateur. Tout ceci, sous la direction de Luis Bonilla, Président du CIM et Haiman El Troudi, Ministre de la planification.



CONFERENCIA INTERNACIONAL DE ECONOMÍA POLÍTICA: RESPUESTAS DEL SUR A LA CRISIS ECONOMICA MUNDIAL

DECLARACIÓN FINAL

Realizada en Caracas, Venezuela, los días 8, 9, 10 y 11 de Octubre de 2008 con la presencia de académicos e investigadores de Argentina, Australia, Bélgica, Canadá, Chile, China, Corea del Sur, Cuba, Ecuador, España, Estados Unidos, Filipinas, Francia, Inglaterra, México, Perú, Uruguay y Venezuela, la C onferencia Internacional de Economía Política: Respuestas del Sur a la Crisis Económica Mundial promovió un amplio debate sobre la actualidad económica y financiera de la economía mundial, las nuevas perspectivas , desafíos para los gobiernos y los pueblos del Sur ante la crisis financiera internacional

El encuentro evaluó que la situación se ha agravado en las últimas semanas. De crisis repetidas de los mercados financieros de países centrales, ha pasado a convertirse rápidamente en una crisis internacional de una enorme gravedad Ello coloca a países del Sur en una situación muy comprometida.

La crisis amenaza la economía real y, de no tomarse acciones enérgicas y efectivas inmediatas, puede castigar en forma abrumadora a los pueblos del mundo, en particular a los sectores ya más desprotegidos y postergados

La vulnerabilidad de las monedas, los desequilibrios financieros y la grave recesión en ciernes desmienten hoy el mito neoliberal acerca de las bondades de la desregulación de los mercados y la solidez y confiabilidad de las instituciones financieras actuales, así como cuestionan seriamente las bases del sistema capitalista actual.

Las contribuciones presentadas en el seminario han puesto de relieve el proceso de la crisis desatada desde agosto del 2007 y el fracaso de las crecientes concesiones, salvatajes y prebendas a través de la intervención del Estado en los países capitalistas desarrollados para salvar los desechos de un sistema financiero mundial ya dislocado

Denunciamos la pretensión de hacer cargar el costo del salvataje financiero al conjunto del sistema mundial, agravando la situación de pobreza, desempleo y explotación de los trabajadores y los pueblos del mundo.

Ni el intervencionismo estatal gigantesco que se ha observado en las últimas semanas para salvar entidades desarticuladas y vaciadas por la especulación, ni el endeudamiento público masivo son alternativas plausibles para la salida de la crisis. La dinámica actual anima a nuevas rondas de concentración del capital y, de no existir una firme oposición de los pueblos, se enfatizará aún más y en forma perversa la perspectiva de reestructuración sólo para salvar sectores privilegiados. Ello podría significar también el peligro de la vuelta de una tendencia al autoritarismo en el funcionamiento del capitalismo, que ya se manifiesta, como signo muy regresivo, en el aumento de la discriminación y el racismo hacia la población emigrante de países del Sur en los países del Norte..

De mantenerse las actuales tendencias de reestructuración del sistema capitalista habrá enormes costos productivos y sociales y puede golpearse aún más la ya muy frágil sustentabilidad ambiental .

La necesidad de reconformar la arquitectura económica y financiera internacional es hoy ineludible. Dentro de tal perspectiva se inscribe la necesidad de una salida post-capitalista, denominada por Venezuela como Socialismo del Siglo XXI.

En un momento crítico como el actual, las políticas nacionales y regionales deben dar prioridad a los gastos sociales, y proteger los recursos naturales y productivos. Los Estados deben introducir medidas urgentes de regulación financiera para proteger el ahorro, seguir impulsando la producción y combatir el peligro de descontrol a través de inmediatos controles de cambio y de movimientos de capitales

Será clave en tal sentido desarrollar la mayor complementación y la integración comercial regional en forma equilibrada, potenciando las capacidades industriales, agrícolas, energéticas y de infraestructura. Iniciativas como el ALBA y el Banco del Sur deberán ampliar su radio de acción y consolidar su perspectiva hacia una mayor integración alternativa que incluya una nueva moneda común, en la perspectiva de una nueva arquitectura financiera mundial que viabilice otra inserción del Sur en la división internacional del trabajo.

En este contexto, hay que valorar la importancia de un conjunto de aportes y propuestas de la economía social que promueven la dignificación del trabajo y la articulación local frente a los impactos de la crisis.

A escala global, ha de continuarse con las demandas para una profunda reforma del sistema monetario financiero internacional, que implique la defensa de los ahorros y la canalización de las inversiones a las necesidades prioritarias de los pueblos. Debe romperse la permanente recurrencia de un sistema que beneficia centralmente a la especulación, ahonda las diferencias económicas y castiga particularmente a los países y sectores más desprotegidos.

Asimismo, deben crearse nuevas instituciones económicas (multilaterales), sobre nuevas bases, que dispongan de la autoridad y los instrumentos para actuar en contra de la anarquía de la especulación. De allí que se convierten en indispensables las intervenciones urgentes por parte las autoridades nacionales que desafíen los fundamentos del mercado y protejan las finanzas de los pueblos afectados. La crisis despierta intereses comunes entre los pueblos de todas las naciones.

A partir de estos análisis y consideraciones, la C onferencia Internacional de Economía Política “Respuestas del Sur a la crisis económica mundial”, ha llegado a las siguientes

CONCLUSIONES Y RECOMENDACIONES DE ACCIÓN

Partimos de la siguiente caracterización de la situación económica internacional:

1. Nos encontramos en una situación inédita a nivel mundial. La crisis económica y financiera se ha agravado y acelerado enormemente en los últimos días. Y su desarrollo futuro, además de difícilmente predecible, puede tomar, de un día para otro, tintes dramáticos.

2. La crisis tuvo su epicentro inicial en EE.UU. y en los mercados bursátiles; pero en la actualidad ya es una crisis mundial que afecta a todo el sistema financiero y contamina crecientemente al aparato productivo. La crisis está teniendo especial impacto ahora en Europa Occidental y Oriental.

3. Frente a la expectativa inicial de que América Latina podía quedar fuera de la crisis y de que estaba “blindada”, ya existen a la fecha de hoy manifestaciones muy contundentes de la certeza de próximos impactos. No sólo puede esperarse un deterioro prolongado del comercio exterior, sino también un shock financiero muy violento y en el cortísimo plazo. Mientras más internacionalizado esté el sistema bancario y la bolsa de valores, mayor es la fragilidad.

Hacemos estas sugerencias conscientes de que en las crisis siempre hay ganadores y perdedores. Nuestra apuesta es la de tomar las medidas que garanticen el bienestar y los derechos de nuestros pueblos, del conjunto de ciudadanos y ciudadanas y no la de socorrer a los banqueros responsables de la crisis como está ocurriendo en Europa y en EE.UU.

Partiendo de este nuevo escenario, y de su agravamiento acelerado, consideramos necesario plantear las siguientes recomendaciones de acción, algunas de las cuales deberían implementarse a través de decisiones políticas urgentes a lo más altos niveles.

A tal efecto debe considerarse la realización inmediata de una Cumbre Extraordinaria de Presidentes de América Latina y Caribe, o al menos de la UNASUR, la cual está presidida por una amplia movilización popular en nuestros pueblos.

SOBRE EL SISTEMA BANCARIO

Ante el colapso del sistema financiero internacional, los Estados de la región deben hacerse cargo inmediatamente de la custodia de los sistemas bancarios bajo la forma de control, intervención, o nacionalización sin indemnización siguiendo el principio de la nueva Constitución de Ecuador que prohíbe estatizar las deudas privadas. (Art. 290 – punto 7-: “se prohíbe la estatización de deudas privadas”.)

La función de estas medidas es prevenir la fuga de capitales al exterior, la corrida cambiaria, la transferencia de fondos de las sucursales de bancos extranjeros a sus casas matrices y el atascamiento del crédito por parte de los bancos que no prestan los fondos que reciben.

Hay que cerrar las ramas off shore del sistema bancario de cada país, que sólo constituyen un escudo regulatorio y fiscal peligrosísimo en estas circunstancias, en las que las dificultades de liquidez provocarán efectos de sifón desde la periferia.

Debe abrirse los libros de cuentas de los libros de los bancos , fortalecerse la supervisión bancaria y los mecanismos de estricta regulación que transparenten la situación real de los sistemas bancarios nacionales como depositarios de los ahorros de la población. (Dado el carácter de los servicios financieros como servicio público). Una de estas medidas debería garantizar un mínimo de inversión nacional dentro de los activos líquidos del sistema (coeficiente de liquidez doméstica).

Debe alentarse la promoción popular no lucrativa administrada por las poblaciones ubicadas en los territorios de asentamiento de esas entidades para el desarrollo local.

En caso de intervención, los Estados deben recuperar el costo del salvataje con el patrimonio de los bancos y el derecho de repetición sobre el patrimonio de los accionistas y los administradores.

NUEVA ARQUITECTURA FINANCIERA

La ausencia de políticas monetarias coordinadas produce una guerra de “devaluaciones competitivas” que agrava la crisis y desata rivalidades entre nuestras economías, impidiendo una respuesta coordinada de la región, e incluso amenaza estructuralmente los avances integracionistas como la UNASUR. Por ello, debería darse una señal clara de un acuerdo monetario latinoamericano que de modo inmediato muestre las posibilidades adicionales de blindaje de nuestras macroeconomías. Así, la definición de un sistema de compensación de pagos basado en una canasta de monedas latinoamericanas proveería a cada país de medios de liquidez adicionales que permitirían separarse de la lógica de crisis del dólar.

En el mismo marco de construcción institucional para el blindaje de nuestras economías, se requiere una mayor articulación entre bancos centrales, superando el dogmatismo neoliberal con un manejo mucho más eficiente y oportuno de las reservas internacionales. En ese sentido es importante avanzar en la propuesta de un Fondo del Sur alternativo al FMI, con disponibilidades de liquidez contingentes a emergencias de caja fiscal o balanza de pagos.

Aprovechando la ampliación de las reservas excedentarias de cada país provocada por la creación de medios de pago adicionales con el sistema de compensación de pagos (derechos regionales de giro) y por la existencia del Fondo Común del Sur, se pueden movilizar recursos para poner en funcionamiento en forma inmediata el Banco del Sur, asegurando un funcionamiento democrático y no reproduciendo la lógica de las organizaciones financieras multilaterales de crédito. Este Banco debe ser el corazón de la transformación de la ya existente red de bancos de fomento latinoamericanos, orientados hacia la reconstrucción de los aparatos productivos basados en los derechos humanos fundamentales. Todo ello lo entendemos en línea con lo destacado por la Declaración Ministerial de Quito del 3 de Mayo pasado, al señalar que: "Los pueblos dieron a sus Gobiernos los mandatos de dotar a la región de nuevos instrumentos de integración para el desarrollo que deben basarse en esquemas democráticos, transparentes, participativos y responsables ante sus mandantes.”

Para ser democratico el Banco del Sur tiene que garantizar el principio un país=un voto.

Es indispensable ratificar en los países que lo tengan y establecer donde no está instrumentado el control de cambios a fin de proteger las reservas e impedir la salida de capitales.

En el marco de la suspensión de pagos que ha impuesto la crisis al sistema financiero internacional se impone que los países de la región consideren la suspensión del pago de la deuda pública. La medida apunta a proteger en forma transitoria los recursos soberanos amenazados por la crisis y evitar un vaciamiento de las Tesorerías de los países.

América Latina y el Caribe deben aprender de lo que está ocurriendo en Europa, donde cada país intenta resolver la crisis por su cuenta. Esto exige potenciar los mecanismos de integración alternativa en desarrollo en la región.

EMERGENCIA SOCIAL

Proponemos constituir un Fondo Regional de Emergencia Social para asegurar inmediatamente la soberanía alimentaria y energética, así como para atender el agudo problema de las migraciones y del recorte de las remesas. Este Fondo podría funcionar dentro del Banco del Sur o del Banco del Alba.

Siguiendo el principio de no socorrer a los banqueros, y sí a nuestros pueblos, deben mantenerse los presupuestos públicos para el gasto social y prever su incremento ante los inminentes efectos de la crisis internacional sobre nuestros pueblos, siendo las prioridades: seguro de empleo, ingreso universal, salud y educación pública, vivienda.

Establecer mecanismos anti-inflacionarios, del tipo de controles de precio, que preserven e incrementen los ingresos salariales, prevencionales y populares que representen un efecto distributivo del ingreso y la riqueza.

ORGANISMOS FINANCIEROS

La crisis financiera internacional ha puesto en evidencia la complicidad del FMI, Banco Mundial y BID con los banqueros transnacionales que han provocado el colapso actual con sus terroríficas consecuencias sociales. El desprestigio de estos organismos es manifiesto. Es la oportunidad para que los países de la región, siguiendo el ejemplo de Bolivia, se retiren del CIADI. Y retomando la convocatoria de Venezuela, se retiren del FMI y del Banco Mundial y comiencen a ayudar a construir una nueva arquitectura financiera internacional.

Nos convocamos a la Segunda Conferencia Internacional de Economía Política “Respuestas del Sur a la Crisis Económica Mundial”, a realizarse en Caracas en el primer cuatrimestre del año 2009.

Caracas, 11 de octubre de 2008

Histoire récente du venezuela...

Bibliographie Latino Bolivarienne...

Maurice LEMOINE, Chávez Presidente, éditions Flammarion, 2003.
2080688251Hugo Chávez... Des centaines de milliers de Vénézuéliens maudissent chaque jour leur président et aimeraient le voir mort - ou en tout cas écarté du pouvoir. A Washington, quelques importants personnages n’en pensent pas moins. Et pourtant, depuis 1998, élection après élection, dans un cadre démocratique, "le peuple" - c’est-à-dire la majorité - appuie celui qu’il considère comme son meilleur représentant. Comment comprendre "l’énigme Chávez" sans se pencher sur le quotidien de la "révolution bolivarienne" ? Plus pragmatique qu’idéologique, elle a su développer des programmes sociaux sans équivalent dans une Amérique latine accablée par la pauvreté. Elle prône une démocratie "participative", dans laquelle les citoyens s’emploient à devenir le moteur de leur propre histoire. Elle cherche la voie d’un "socialisme du XXIe siècle", laissant par devers lui les erreurs du passé, et manifeste une fantastique volonté d’intégration avec les autres nations de la région.

Maurice LEMOINE, Le Venezuela de Chavez, éditions alternatives, 2006.
Le_Venezuela_de_ChavezHugo Chávez est le président le plus populaire - et le plus haï - d’Amérique Latine. Pour vaincre la misère dans un Venezuela où le pétrole coule à flots, n’a-t-il pas engagé une révolution ? Haut en couleur, ancien lieutenant-colonel au passé de putschiste, Chávez fascine les uns et dérange les autres. En particulier l’oligarchie vénézuélienne et les Américains qui, dans le climat de l’après-11 Septembre, voudraient se débarrasser de ce dirigeant trop indépendant. Et prendre le contrôle de l’or noir.
Toutes les forces de l’opposition s’unissent dans un seul but : faire tomber le Président. Pour le déstabiliser, elles peuvent compter sur une groupe de militaires et sur quelques « amis » de la CIA. Les médias se chargeront de soulever la société civile en brandissant la menace d’une dictature. Le plan est établi, le sang va couler et Chávez fera un coupable idéal. Mais les conspirateurs oublient l’essentiel : le jour J, comment réagira le peuple, l’immense masse des déshérités ?

Franck GAUDICHAUD, Le volcan latino-américain, éditions textuels, 2008.
Le_volcan_latinoUne Amérique latine en mouvement par Franck Gaudichaud 11 • Première Partie La « Patria Grande»? Approches problématiques continentales ... 45 Les nouvelles formes de l'Empire. États-Unis et Amérique latine : hiérarchie, réseaux et clients par James Petras 47 Les multinationales en Amérique latine expansion, impact et résistances par Cédric Durand et Alexis Saludjian.. 75 Alba contre Alca. Vers une nouvelle voie pour l'intégration régionale? par Thomas Fritz 99 Mouvements indigènes en Amérique latine. Entre rébellions et pouvoirs par Bernard Duterme 119 Une analyse du mouvement féministe latino-américain et caribéen dans la mondialisation par Jules Falquet 137 Les réformes agraires un enjeu actuel des luttes sociales paysannes? par Hélène Roux 1S7 • Deuxième Partie Gauches latino-américaines et mouvements sociaux. Une mosaïque d'expériences 179 Le Venezuela et le processus bolivarien par Edgardo Lander et Pablo Navarrete 181 La révolution d'Evo Morales ou les voies sinueuses de la refondation de la Bolivie par Hervé Do Alto 205 L'Equateur à la croisée des chemins par Maurice Lemoine et Eric Toussaint 225 Cuba après Fidel Castro ou les dilemmes de la transition par Janette Habel 245 La « mouche bleue » du pouvoir et le social-libéralisme. Cinq années de gouverneur Lula au Brésil par Michaël Lôwy 273 L'Argentine des Kirchner : des continuités au double discours par Maristella Svampa. 291 Le Chili de Michelle Bachelet, un pays modèle. par Franck Gaudichaud 315 Mexique. Crise politique, élections et résistances par Arturo Anguiano. 337 Les pièces du puzzle colombien par Jairo Extrada Alvarez 363 • Éléments de réflexion et de débat : Socialisme du XXI° siècle, démocratie et néolibéralisme en Amérique latine 383 Démocratiser la démocratie? Réinvention démocratique, néolibéralisme et mouvements sociaux en Amérique latine par Atilio Borôn 385 Amérique latine : vers le socialisme du XXIe siècle par Claudio Katz 407 La dette latino-américaine, la banque du sud et la construction du socialisme du XXIe siècle par Éric Toussaint 427 450 pages édition : mai 2008.

Eva GOLINGER, Code Chávez. CIA contre Venezuela, éditions Oser Dire, 2006.
code_chavezC’est en avocate que l’auteur de cet ouvrage, Eva Golinger, apporte les preuves qui démontrent comment le gouvernement de M. George W. Bush a tenté d’ « en finir » avec le président vénézuélien Hugo Chávez. S’appuyant sur une importante documentation provenant d’organismes officiels américains, l’auteure met en évidence le rôle de la Central Intelligence Agency (CIA), de l’Agence américaine pour le développement international (Usaid) et de la Fondation nationale pour la démocratie (National Endowment for Democracy, NED) pour construire et financer un mouvement d’opposition n’écartant pas les options violentes, comme l’a prouvé la tentative de coup d’Etat du 11 avril 2002.
Une place importante est accordée à la NED, sorte d’organisation non gouvernementale créée par l’administration Reagan pour financer « légalement », dans le monde entier, des organisations jusque-là prises en charge par la CIA. Bien que le livre ressemble parfois à un roman d’espionnage, il s’agit là d’un authentique témoignage sur des pratiques déjà employées, du Chili au Nicaragua.

Ouvrage collectif. Amérique Latine. A gauche toute ?, coédition CETRI & Couleur Livres.
arton630_a6714Le « virage à gauche » négocié en Amérique latine ces dix dernières années, sur fond de profondes inégalités sociales, a-t-il un avenir ? Offre-t-il d’abord un visage unique ? Pour les uns, le retour de l’Etat, les nouvelles politiques sociales, la récupération d’une souveraineté sur les richesses naturelles, la mise en cause de l’hégémonie états-unienne et l’intégration politique du sous-continent structurent un mouvement d’ensemble ; pour d’autres, ces vœux pieux cachent mal une cacophonie de styles et d’orientations. Les « nouveaux mouvements sociaux » qui ont joué un rôle déterminant dans la critique des années néolibérales sont-ils en phase avec les « nouveaux pouvoirs » ? Le bien-être des populations latino-américaines va-t-il enregistrer de réels progrès ?
Trois sociologues du CETRI (Centre tricontinental) apportent leur propre éclairage. Souvent complémentaires, leurs réflexions témoignent aussi de grilles de lecture plurielles. Guy Bajoit analyse les différentes voies du développement suivies en Amérique latine hier et aujourd’hui : de l’Etat au marché, du marché au retour de l’Etat. François Houtart étudie en quoi le passage de la résistance aux alternatives sur le continent latino constitue un défi pour l’analyse sociale. Enfin, Bernard Duterme jauge la portée politique de mouvements sociaux – les rébellions indigènes – en amont, au cœur ou en marge du « virage à gauche ».

Eric Toussaint, Banque du Sud et nouvelle crise internationale, éditions syllepse, 2007
Banque_du_sudLa crise des subprimes, à l’été 2007, a révélé la crise internationale de la dette privée. Ses répercussions seront profondes et durables. Dans “Banque du Sud et nouvelle crise internationale”, Eric Toussaint, Président du Comité de Belgique pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM), membre du Conseil international du Forum Social Mondial (FSM) et Docteur en sciences politiques, réunit les facteurs qui montrent combien le monde est en train de « changer de base ». Du moins, il n’en a jamais été aussi près. Au moment où la crise des subprimes révèle l’ampleur de la crise du capitalisme néolibéral, l’initiative prise par 7 pays d’Amérique latine de créer une Banque du Sud pourrait jeter les bases d’une autre architecture financière internationale. C’est ce qu’expose l’auteur dans ce livre clair et synthétique, accessible aux non initiés, pourvu qu’ils veuillent faire l’effort de comprendre le monde économique contemporain.

Merci Yannick...

Appel à soutenir le processus de changement en Bolivie !

Invitation a signer la pétition suivante

contre le complot séparatiste    == >   SIGNER ICI



FICTION ... Pouvez-vous imaginer en France ... une région très riche, développée, une région qui aurait de très importantes ressources naturelles (gaz, pétrole, etc.), des atouts économiques divers pour l'avenir ... Pouvez-vous imaginer en France que les élus de cette région puisse décider sans autorisation du Parlement, sans autorisation du Conseil Constitutionnel, d'organiser un référendum sur un "statut d'autonomie" rédigé par des personnes liées à une oligarchie, et non élues à cet effet ?

Non, en France, il est probable que cela ne serait pas permis.


Eh bien, en Bolivie c'est possible ! Le riche département de Santa Cruz tente l'aventure séparatiste pour essayer d'échapper au partage du pouvoir, des richesses (pétrole, gaz, etc.), ainsi qu'à la réforme agraire aux bénéfices de millions de personnes laissées depuis longtemps dans l'oubli et la pauvreté.


Suite à l'élection d'Evo Morales en 2005, Président le mieux élu de l'histoire de la Bolivie... Une Assemblée Constituante démocratiquement élue a remis au Président Morales un Projet de Nouvelle Constitution qui réintègrent pleinement les peuples autochtones dans la nation, en mettant fin aux injustices historiques dans le cadre d'un état plurinational refondé pour tous.


Le projet politique du gouvernement d'Evo Morales démocratiquement élu, organise le droit à l'autonomie pour tous ... mais DANS LE CADRE DE LA NOUVELLE CONSTITUTION, dans le cadre d'UN SEUL ETAT, UN SEUL PAYS... Nous soutenons ce projet politique et cette Nouvelle Constitution en projet car il organise pour la première fois les institutions au bénéfice de tous (blancs, indiens, métis, noirs...) et renforce singulièrement la démocratie.


Les intérêts économiques liées à l'oligarchie, aux multinationales, aux ressources naturelles et aussi aux intérêts étrangers, n'ont semblent-ils aucune pensée pour ces millions de personnes et ces peuples indigènes (qui sont "sans voix" ici) oubliés depuis des siècles. Nous appelons aussi les secteurs les plus égoïstes de la société bolivienne à réfléchir une nouvelle fois à leur responsabilité historique.


C'est pourquoi, dans ce contexte, il nous apparaît important de solliciter l'opinion publique française, pour qu'elle manifeste son désaccord massif avec cette spoliation que certains cherchent à organiser à leur profit. Nous appelons ainsi à soutenir le projet politique aujourd'hui porté par Evo Morales, et qui a reçu le soutien populaire de mouvements sociaux les plus larges et les plus variés de la population.


Nous appelons la France et son gouvernement, attaché à la démocratie, à la défendre partout, y compris à l'étranger et en Bolivie. Dans ce sens, nous demandons au gouvernement français de marquer son désaccord et sa distance avec tout processus séparatiste, anti-constitutionnel.


Nous avons choisi de nous joindre à cette pétition pour soutenir le processus de changement en Bolivie, au profit des grandes majorités de la population.


NOUS VOUS INVITONS VIVEMENT A SIGNER CETTE PETITION.

Pour signer la pétition, cliquez ICI